Camille Moravia

Dimanche 1er octobre 2017 de 15h00 à 20h00

Avec l’aimable soutien de Sandra Bismuth Vauclin

 

 

« Je veux rester ici. Les incas, […] possédaient un passage souterrain dans leur demeure qui leur permettait d’accéder à un jardin secret, un jardin qui s’appelait en langue inca «Nanankepichu » ce qui veut dire La Non-Maison ». Anaïs Nin, Le feu

 

Ces quelques lignes ont été écrites par Anaïs Nin entre 1932 et 1939, alors qu’elle vivait sur la péniche La Belle Aurore, Quai des Tuileries à Paris, où elle recevait écrivains, artistes, philosophes, ami(e)s et amant(e)s. Sa péniche, elle la surnommait « La Non-Maison », un coin du monde qui abritait ses rêves, ses fictions et sa réalité.

 

Le lancement de LA NON-MAISON à Paris sera fait dans l’intimité d’une péniche parisienne, une autre maison. Entre les photographies de famille, la mémoire des murs et la vie domestique réelle, c’est à l’artiste Camille Moravia de proposer un dialogue autour de l’Oeuvre de l’écrivaine Anaïs Nin.

Camille Moravia, Les carnets, 2017 © The Artist

Camille Moravia explore l’intime et la parole en brouillant les pistes entre un récit autobiographique et fiction virtuelle. Son journal est autre. Ce n’est ni une réadaptation moderne de l’écrit autobiographique, ni une construction de toutes pièces, mais c’est entre les lignes de ces différentes histoires mêlées que vient s’inscrire l’Oeuvre qui habitera la péniche le temps d’un instant.

 

En 1933, Anais Nin a trente ans, et écrit à propos de son journal qu’il est « la preuve d’un besoin énorme, total, de vérité » (Inceste, 21 juillet 1933). C’est ce besoin de vérité qui se retrouve chez Camille Moravia. L’oeuvre est un triptyque qui offre plusieurs voix, une entrée à l’intérieur de son intimité réelle, un accès restreint à ses mots et enfin la synthèse de cet entrelacs entre fiction avouée et réalité cachée. C’est cette autobiographie fictionnelle qui est donnée à voir à ceux qui le veulent.

 

Finalement, qui est Camille Moravia ?

 

Sacha Guedj-Cohen

Camille Moravia, Les panneaux, 2017 © The Artist

Camille Moravia est née en 1970 à Angers. Elle vit et travaille à Paris. Après un parcours scolaire sans vagues, elle intègre un BTS d’Action Commerciale dans lequel elle prend la mesure des syndromes compétitifs et des ventes à tout prix. Elle entreprend en parallèle une opération de marketing et de hacking sur les correspondances intimes d’hommes d’affaire. Le terrain est juteux, sa vie est menacée le 15 juillet 1999, lorsqu’on lui inocule par lettre anonyme « The lock virus » ou « CCN » (Chronic Contagious Nymphomania, Chyeah Chyeah Nigga!).

 

Pour y remédier elle tombe amoureuse et s’enferme dans un appartement parisien pendant 10 ans, écrivant toutes ses sensations sur les murs. Le résultat est une catastrophe sentimentale. C’est lorsqu’on lui rouvrira la porte, qu’elle dira ces phrases qui la révèleront au réseau, et composeront le titre d’un ouvrage collectif consacré au sexe dans les relations au long terme : « Avant de partir de chez lui, tu conjugueras le verbe « savoir » à l’imparfait du subjonctif. La première personne du singulier suffira. »

 

Camille Moravia a exposé et performé à plusieurs reprises à Paris aux Bains Douches, Radio Nova (2017) ; à la Galerie de la Voûte (2017), pour « Salo ou La Complaisance Féminine », au Salon du dessin érotique ; « Féminisme(s) », Chapelle Sainte-Anne (2016) ; « Carte blanche Deborah De Robertis », Galerie Nivet Carzon (2016). Elle a participé à plusieurs expositions collectives en France et à l’étranger, « Herselves », The Blue Project Foundation, Barcelone (2017) ; « Un coin du monde », La Non-Maison, Aix-en-Provence (2016) ; « Le Séchoir », Strasbourg (2016). Elle a été représentée par Bernard Marcadé pour le prix AICA (2014) et par Christian Gattinoni pour le prix Opline (2014).

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